Déployer l’inclusion dans le domaine artistique : la mission de l’école Les Muses prend une nouvelle dimension

Une école d’art unique en son genre

Fondé en 1997 par Cindy Schwartz, Les Muses a vu le jour pour combler un vide dans la formation artistique des personnes vivant une situation de handicap.

Depuis, l’école offre une formation professionnelle en théâtre, danse et chant à des artistes en situation de handicap (déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme, limitations physiques ou sensorielles) et collabore avec le milieu artistique québécois afin de favoriser l’intégration des élèves dans la pratique professionnelle des arts de la scène.

Crédit photo : Sandra Lynn Bélanger

Se mettre en phase avec la pratique artistique actuelle

Bien que le programme de formation offert par les Muses soit reconnu et contribue avec succès à la participation des élèves à des productions artistiques renommées (notons le film Gabrielle de Louise Archambault récompensé de plusieurs prix et mettant en vedette des artistes ayant reçu une formation des Muses), l’équipe pédagogique a voulu saisir tout le potentiel inhérent à ce vent d’inclusion fort qui souffle actuellement sur la culture québécoise.

En cherchant un moyen d’encourager encore davantage l’ouverture croissante du milieu des arts à l’idée de collaborer avec des artistes en situation de handicap et de bonifier sa formation, l’école a imaginé un laboratoire inclusif de recherche et de création artistique dont l’idée est de permettre un réel rapprochement entre des interprètes professionnels et des artistes atypiques de grand talent. 

« Il nous semble que la rencontre, l’échange et la collaboration de ces deux communautés artistiques professionnelles se font trop rares, bien qu’essentiels pour la vitalité de la pratique culturelle. Cette initiative nous paraît particulièrement pertinente et grandement souhaitable dans un contexte où il est nécessaire de trouver des avenues pour lutter contre l’uniformisation et la standardisation de la culture, et à l’échelle sociétale également. »

L’équipe des Muses

En plaçant la création au centre de la démarche, le laboratoire réunira un groupe hétérogène d’artistes dans une démarche d’inclusion au sein de la pratique. À la croisée de la scène et de la salle de répétition, chaque laboratoire de création sera dirigé par un artiste chevronné issu du monde des arts de la scène (danse, performance, théâtre, musique), invité à approfondir sa propre pratique artistique au contact d’une distribution d’interprètes avec et sans handicap. 

Explorer le champ de l’innovation sociale

Porté par Claudine Robillard et Agathe Henninger, le projet de laboratoire inclusif s’est vu sélectionné pour intégrer la deuxième cohorte de l’Incubateur civique de la MIS s’étant amorcée à l’automne 2019. Arrivé à point nommé dans la phase de concrétisation du projet, le programme a vite été perçu comme un tremplin par l’équipe afin de mettre à l’épreuve l’idée du laboratoire dans le cadre d’un projet pilote.

« Pour permettre aux Muses de se déployer et de trouver la place qui lui revient dans l’écosystème des écoles de formation professionnelle, le secteur de l’innovation sociale m’est apparu comme un champ à explorer et à investir. »

Agathe

Claudine Robillard et Hugo Steben – Atelier de l’Incubateur civique

Au cœur de leur vision qui va bien au-delà de l’accroissement du nombre de personnes vivant une situation de handicap dans la pratique artistique des arts de la scène, le laboratoire inclusif de recherche et de création artistique vise à développer et à démontrer la valeur distinctive de ces artistes, et ainsi nourrir l’expérience et le processus de création des artistes, qu’ils vivent ou non avec un handicap. C’est aussi une façon de susciter une transformation systémique quant à la perception de l’apport des personnes en situation de handicap dans la société. 

Avec une prise de recul sur l’expérience qui tire à sa fin, l’accompagnement et les ateliers offerts par l’Incubateur civique ont permis à Claudine et Agathe d’approfondir les points essentiels du projet, de réfléchir à ses impacts positifs comme négatifs, et de cibler les publics adéquats ainsi que les parties prenantes clés pour mener à bien un tel laboratoire. En bref, il leur a permis de mettre en place des stratégies pour qu’il soit porteur d’une véritable valeur ajoutée autant pour l’ensemble des artistes que pour l’organisme Les Muses et, par prolongement, pour le milieu des arts de la scène et son public.

Nous les avons interrogées sur leur expérience au sein de l’Incubateur civique. Pour Claudine, les intervenantes et intervenants et les formateurs du programme ont assurément contribué à l’élaboration de leur projet.

« En effet, faisant preuve d’une grande générosité, d’une réelle écoute, d’une curiosité et d’une expertise indéniable, l’équipe de la MIS a, tout au long du programme, participé activement à l’évolution de notre vision sur le projet. Les outils qu’elle a mis à notre disposition ont favorisé l’éveil et le déploiement d’une vision claire des différentes étapes d’élaboration du projet, ce qui est très rassurant et un vecteur de confiance. »

Claudine

Agathe Henninger – Atelier de l’Incubateur civique

Les participantes relèvent aussi la richesse des rencontres avec les autres lauréats et lauréates de la cohorte, les échanges et le partage d’expériences qui permettent de s’ouvrir à de nouveaux horizons. 

Le lancement du premier laboratoire inclusif

En prévision du premier laboratoire prévu pour le mois de mai 2020, de nombreux défis attendent encore l’équipe comme le lancement de l’appel à candidatures, la sélection des artistes et l’élaboration conjointe des principes et fonctionnements de base de ce premier laboratoire intensif, qui s’échelonnera sur un peu plus de 50 heures de recherche en studio. Un documentaire sera également réalisé, relatant l’expérience de cette rencontre inusitée dans le monde de la création et que l’on souhaite désormais plus attendue.

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