Interview de notre codirectrice Violaine Des Rosiers dans le journal Les Affaires

Le 26 novembre dernier, le gouvernement du Canada annonçait la création d’un fonds de finance sociale de 755 M$, un engagement applaudi par la Maison de l’innovation sociale (MIS) dans son communiqué de presse. Précisant que le gouvernement reconnaissait ainsi la pertinence d’innover sur le plan social et environnemental pour maximiser et accélérer l’impact des solutions mises de l’avant par les acteurs de changement, la MIS se réjouissait aussi de la mise en place des conditions propices pour attirer des investissements privés à impact social.

Malgré l’importance de cette nouvelle, cette dernière a eu peu de couverture médiatique au Québec. Le journal Les Affaires a toutefois rebondi sur cette annonce et s’est entretenu avec la codirectrice de la MIS, Violaine Des Rosiers, sur le rôle de l’innovation sociale comme vecteur de développement des entreprises privées et l’importance de revoir la fiscalité et les outils financiers pour favoriser l’adhésion de ces dernières.

Existe-t-il d’autres modèles que celui des dons de charité pour soutenir les projets à fort impact social et environnemental ?

Selon la codirectrice, un tel fonds permettra de diversifier les outils financiers au-delà du modèle de dons de charité pour aider les entreprises et les organisations à innover et à intégrer le rendement social et environnemental au sein de leurs stratégies d’affaires. Dans l’article Des crédits et un fonds pour l’innovation sociale , qui est réservé aux abonnés des Affaires, elle trace d’ailleurs un parallèle entre les outils financiers liés à l’innovation sociale et les investissements du gouvernement en matière de recherche et développement (R-D) :

Désormais, le gouvernement du Canada reconnaît que l’innovation sociale contribue elle aussi à la robustesse de l’économie et au bien-être des citoyens. Elle est essentielle pour régler les enjeux sociaux, environnementaux et économiques contemporains qui freinent la transformation nécessaire de la société, poursuit Violaine Des Rosiers. Le gouvernement s’inspire donc du soutien qu’il accorde à la R-D pour développer un soutien à l’innovation sociale. Cela suppose déployer des outils financiers et des mesures incitatives afin que ceux qui pratiquent déjà l’innovation sociale puissent le faire à plus grande échelle et que d’autres acteurs, comme l’entreprise privée, tirent un avantage à la pratiquer.

Dans un autre extrait de cet article, elle donne un exemple concret d’une entreprise privée qui inscrit l’innovation sociale au sein de sa stratégie d’affaires.

Prenons un exemple concret : un distributeur alimentaire constate que certains camions de sa flotte effectuent leur circuit sans être remplis à capacité. Conscient de l’existence de déserts alimentaires (ces lieux où les habitants n’ont pas accès à des aliments frais dans un rayon de 750 mètres de chez eux), le détaillant propose à des organismes de bienfaisance d’ajouter dans ses camions les denrées qu’ils collectent afin de les distribuer plus facilement. L’OBNL n’a pas les moyens de posséder sa propre flotte de camions, mais il peut acquitter le coût de ces livraisons. L’innovation sociale ne repose pas sur la charité. Le distributeur alimentaire optimise donc sa flotte de camions tout en s’attaquant à un enjeu social: les déserts alimentaires. Il s’agit d’une innovation sociale initiée par une entreprise.

Et de poursuivre :

Imaginons maintenant que ce distributeur fasse l’optimisation systématique de tous ses trajets pour contribuer à la lutte contre les déserts alimentaires. Ne devrait-il pas bénéficier d’un crédit d’impôt? Le gouvernement canadien réfléchit présentement à des incitatifs fiscaux à l’innovation sociale. Ceci, en prévision du prochain budget et de la stratégie de soutien à l’innovation sociale , qu’il dévoilera au printemps 2019. Le gouvernement s’inspire du soutien qu’il accorde à la R-D par l’entremise de subventions et d’incitatifs fiscaux pour développer un soutien à l’innovation sociale. Cela suppose déployer des outils financiers et des mesures incitatives afin que ceux qui pratiquent déjà l’innovation sociale puissent le faire à plus grande échelle et que d’autres acteurs, comme l’entreprise privée, tirent un avantage à la pratiquer.

Il va sans dire que cette annonce va propulser l’innovation sociale au rang des leviers stratégiques de développement social, économique et environnemental au pays et on ne peut que s’en réjouir. Pour lire l’article au complet, consultez le Journal Les Affaires à titre d’abonné.

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